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Areva : fin de négociation très tendue

La cession des réacteurs du groupe nucléaire à EDF sera confirmée à la fin du mois mais le plan de sauvetage de l'entreprise n'est pas encore finalisé.

Forte tension dans la dernière ligne droite de la négociation entre Areva, EDF et l'État sur le plan de sauvetage du groupe nucléaire. Sur la forme, l'État campe sur ses positions: Emmanuel Macron a expliqué aux députés mardi que «les annonces du président de la République seront confirmées le 31 juillet», c'est-à-dire la cession du contrôle majoritaire de l'activité réacteurs - Areva NP - à EDF. La négociation sur la valorisation de la société (au titre d'une offre indicative) aurait peu ou prou abouti, selon une source proche du dossier, autour de 2,7 milliards d'euros (contre 2 milliards initialement avancés par EDF).

Pour autant, le plan global de sauvetage est loin d'être bouclé. Face aux besoins de financement de la société, celle-ci va faire des efforts, décidément drastiques. La direction d'Areva a, selon nos informations, informé les partenaires sociaux de la mise en œuvre d'une réorganisation profonde, qui supprimera l'étage des «business groups» (mines, amont, réacteurs, aval) de l'organigramme du groupe dès 2016. À la clef, un allégement massif des fonctions supports (finance, ressources humaines, communication, juridique…) à travers le groupe et ses unités.

Echanges tendus entre Bercy et la direction d'Areva

L'autre point clef de la viabilité du futur Areva, recentré sur le cycle du combustible, ce sont les négociations commerciales engagées avec EDF, à la fois sur la conversion de l'uranium et sur le retraitement des combustibles à la Hague en particulier. Et sur ce dernier point, cela coince manifestement entre les deux groupes.

Au total, l'équation financière n'est donc pas encore aboutie. Entre Bercy et la direction d'Areva et son président Philippe Varin, les échanges sont, selon plusieurs sources, très tendus à quelques jours de l'échéance de fin juillet. L'enjeu est d'assurer la viabilité du futur Areva selon les contours prévus par l'État. «En aucun cas l'État ne mettra un chèque sur la table le 31 juillet», a prévenu Emmanuel Macron, renvoyant le sujet de la recapitalisation par l'État du groupe nucléaire au mois de septembre. Une recapitalisation dont le montant initialement envisagé autour de 2 milliards d'euros pourrait, selon certaines sources, encore enfler.

Le Figaro économie, 22/07/2015